[Escapade Crus Bourgeois] Château Fontesteau, un lieu énigmatique

“Ce qui fait la force des vignobles français, et qu’aucun vin du Nouveau Monde, de si bonne qualité soit-il, ne pourra jamais leur ravir, c’est leur histoire. Cette prise de conscience a gagné le Médoc, où la découverte des vignobles s’accompagne désormais d’une plongée au cœur du patrimoine architectural des fameux « châteaux ». Un voyage dans le temps en 6 étapes, extrait de notre hors-série Crus Bourgeois.

Épisode 1 : Château Fontesteau

Un lieu énigmatique

Assis au bord d’un lac, le château Fontesteau est un lieu enchanteur dont l’histoire demeure mystérieuse. Il n’est jusqu’à la racine de son nom qui ne fasse débat. Doit-on y voir une référence aux sept sources qui jaillissent dans le domaine ? « Fontesteau » signifierait alors « fontes altae », « fontaine haute »… Ou faut-il privilégier plutôt la piste de « fullonium testum », une « foulerie » où on dégraissait la laine par l’argile. L’occupation du site remonte en tout cas au moins à l’âge du fer. « On a retrouvé des scories qui attestent de la présence à cette époque d’une fonderie. Par ailleurs, des pierres calcinées qui, plus tard, ont servi à la construction du château pourraient avoir été utilisées initialement pour des bas fourneaux », détaille Dominique Fouin, le propriétaire des lieux. En ce qui concerne la bâtisse, on retient la date de 1277, sans rien savoir de sa vocation originelle : les Anglais, après leur défaite à Castillon, auraient détruit les archives. De cette période subsiste le donjon, sur le fronton duquel on trouve un blason orné de coquilles : un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle passe en effet le long de la muraille.Le logis, remanié au XIXe siècle, date du XVIe siècle, une période clef : en 1575, le châtelain, Alexis de Lanfranque, est anobli par Henri III. Pendant la Révolution, un dénommé Raymond Seurin, peut-être un tantinet réactionnaire, est sommé par la garde nationale de rendre les armes qu’il dissimule. Est-ce en représailles que les deux tours latérales sont tronquées ? Il faudra attendre les travaux de restauration initiés par Dominique Fouin en 1997 pour les voir rebâties à l’identique grâce à une gravure exhumée d’un vieil exemplaire du « Féret ».Servant d’écrin à ce bel ensemble, un domaine viticole planté au XVIIIe siècle, parcouru de brebis landaises et limousines, offre des vins élégants dominés par le cabernet sauvignon.”

Précédent
Précédent

Eco-pastoralisme et transition agro-écologique au Château Fontesteau

Suivant
Suivant

Le Château Fontesteau dans le TOP 100 des Vignobles Engagés pour le développement Durable à Bordeaux